RENCONTRE CITOYENNE
Compte rendu de la rencontre citoyenne avec le Grand Conseil Coutumier
LE GRAND CONSEIL COUTUMIER
A LA RENCONTRE CITOYENNE DU GRAND CONSEIL COUTUMIER
Mis à jour le dimanche 25 janvier 2026 , par
Compte rendu de la rencontre citoyenne avec le président du Grand Conseil Coutumier (GCC) Sylvio Van Der Pijl, le vice-président Bruno Apouyou et la vice-présidente Catherine Yapara
Dans le cadre d’une rencontre citoyenne organisée par Mesdames Lateb et Renaudin ainsi que Messieurs Pivert, Bouba, Lafargue et Nagera au lycée Georges-Othily, les élèves de plusieurs classes (2 CAP MIS, 1 CAP MAC, 1G3 et TG) ont eu l’opportunité d’échanger avec Monsieur Sylvio Van Der Pijl, Chef coutumier Arawak et Président du Grand Conseil Coutumier (GCC), Monsieur Bruno Apouyou, capitaine Boni et vice-président du GCC et Madame Catherine Yapara également vice-présidente et cheffe coutumière.
Cette rencontre a permis aux élèves de découvrir le rôle du GCC, les enjeux des communautés amérindiennes et bushinengués, ainsi que les défis auxquels elles font face.
Présentation des invités et du Grand Conseil Coutumier
Les premières questions des élèves, teintées d’une certaine timidité, ont porté sur le parcours professionnel des invités. Sylvio Van Der Pijl a expliqué avoir suivi un parcours scolaire classique, obtenu un BTS, puis travaillé comme agent de mairie avant de rejoindre la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Il a ensuite présenté le GCC comme une instance essentielle pour structurer les villages et les communautés, tout en jouant un rôle d’intermédiaire avec les institutions locales.
Bruno Apouyou a complété cette présentation en insistant sur les valeurs fondamentales qui organisent la vie dans les villages : le respect, l’obéissance et le travail. Ces valeurs, selon lui, permettent de maintenir la cohérence de la communauté et de favoriser la vie collective, où chacun, adulte ou enfant, a un rôle à jouer.
Suite à cela les élèves se sont intéressés au fonctionnement du GCC, notamment à son budget, estimé à environ 400 000 euros par an. Ce budget, principalement financé par la CTG, couvre les dépenses liées aux déplacements et à l’organisation des réunions. Bruno Apouyou a précisé que l’âge n’est pas un critère pour siéger au GCC : c’est avant tout une question de maturité et de reconnaissance par les pairs, en fonction des qualités de chacun.
Relations avec les institutions de l’État
La question pertinente d’un élève a par la suite donné lieu à un échange riche, porté sur les relations entre les communautés et les institutions de l’État. Bruno Apouyou a rappelé avec force : « Les villages étaient là avant les communes ! ».
Il a souligné que les Bushinengués, n’ayant jamais subi l’esclavage, bénéficient d’une grande liberté et jouent un rôle actif dans les décisions territoriales, notamment lors de prospections minière par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) ou d’opérations sanitaires menées par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Leur voix est portée et entendue au sien du conseil de la CTG, même si les effets concrets sur les politiques publiques restent variables. Cependant, la question du foncier reste, aujourd’hui encore, un sujet de tension. Les invités ont expliqué que les communautés considèrent la terre comme leur appartenant depuis toujours, et que la demande de cession de 400 000 hectares de terre, formulée dès 1872 par les Bushinengués, reste un enjeu actuel. Un élève a demandé : « Est-ce que vous payez un loyer ? » La réponse a été claire : « Non, il y a le régime forestier : votre maison vous appartient, mais pas la terre. » Malgré tout Bruno Apouyou a quand même tenu à préciser que le Grand Conseil Coutumier à la chance aujourd’hui de pouvoir trouver un espace où le dialogue sur ces questions est possible avec les autorités. Grâce à cela de nombreuses avancées ont été rendues possibles.
Cohabitation entre générations et mondialisation
Les élèves ont par la suite interrogé les invités sur la cohabitation entre les anciennes et les nouvelles générations. Bruno Apouyou a reconnu que des changements importants ont eu lieu, notamment dans les habitudes vestimentaires et alimentaires. La mondialisation affecte différemment les villages selon leur éloignement, mais son impact se fait surtout sentir au niveau des coutumes, de l’accès à l’information ainsi que dans le maintien des traditions. Sylvio Van Der Pijl, représentant la communauté Arawak, a évoqué le rôle de la religion dans la disparition de certaines langues et traditions, un héritage des missionnaires qui se poursuit aujourd’hui avec le mouvement évangéliste. Il a également rappelé que les chamans, autrefois interdits, étaient en réalité des passeurs de savoirs ancestraux, essentiels dans des sociétés profondément animistes.
La question du suicide des jeunes a aussi été abordée avec gravité. Bruno Apouyou a expliqué que ce phénomène, lié à l’échec scolaire et au retour difficile au village, touche aussi bien les Amérindiens que les Bushinengués. Le GCC, qui existe depuis 2019, met en place des actions pour accompagner ces jeunes et redonner un sens à leur vie, notamment en favorisant l’accueil et l’intégration des élèves lorsqu’ils partent faire leur étude sur la littoral ou lorsqu’ils reviennent.
Avantages de la vie en village
À la question « Pourquoi vivre dans un village ? », les deux trois représentants ont répondu que la vie communautaire permet de veiller les uns sur les autres et de préserver une identité collective, source de repères et de cohésion. Cependant, cette identité est menacée par des risques majeurs, comme l’orpaillage illégal, qui empoisonne les cours d’eau et la chaîne alimentaire avec du mercure. « Le mercure détruit des générations ! », a alerté Bruno Apouyou, condamnant fermement cette activité. Pour lui ce problème ne concerne pas que les communautés mais toute la population guyanaise qui doit se mobiliser avec l’État afin d’enrailler la prolifération de cette activité profondément destructrice pour l’environnement. Pour cela le GCC soutient des initiatives citoyennes de surveillance de l’environnement, comme les « Gardiens du fleuve ». Elle met en lien des associations avec la CTG afin de pouvoir répondre localement aux problématiques rencontrées. Catherine Yapara a rappelé l’importance de la tradition.
Diversité des communautés et conclusion
Sylvio Van Der Pijl a invité les élèves à citer les différentes communautés amérindiennes et bushinengués de Guyane. Après quelques réponses, il a précisé qu’il en existe six de chaque, réparties sur tout le territoire. La rencontre s’est conclue par l’intervention d’un journaliste de Radio Peyi, venu recueillir les impressions des invités et des élèves sur cette riche rencontre citoyenne.
Monsieur LAFARGUE / 1G3
Le Grand Conseil nous a invités à faire une immersion en forêt avec les élèves rencontrés. Cela sera avec un grand plaisir et une immense motivation que nous irons ensemble vers cette sortie citoyenne à la découverte des traditions amérindiennes et bushinengués.
Nous remercions nos invités du Grand Conseil Coutumier d’avoir accepté notre invitation et pour cette belle rencontre citoyenne dont les interventions étaient de qualité et qui ont intéressé fortement les élèves mais aussi les enseignants présents. Ce fut une richesse pour nous tous. A très bientôt cher Grand Conseil Coutumier. Bravo aux élèves pour ces deux heures de débats, d’échanges et de discussions.
Madame LATEB
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